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Les laques européennes et leur contexte: caractérisation du point de vue histoire de l’art, technologique et chimique des laques européennes dans les collections fédérales (ELINC)

Projet de recherche BR/121/A3/ELINC (Action de recherche BR)


Personnes :

  • Dr.  SAVERWYNS Steven - Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA)
    Coordinateur du projet
    Partenaire financé belge
    Durée: 1/10/2013-31/12/2017
  • Dr.  VAN BINNEBEKE Emile - Musées Royaux d'Art et d'Histoire (MRAH)
    Partenaire financé belge
    Durée: 1/10/2013-31/12/2017
  • Dr.  INDEKEU Charles - Universiteit Antwerpen (UA)
    Partenaire financé belge
    Durée: 1/10/2013-31/12/2017

Description :

Depuis le XVIe siècle, des objets avec des laques asiatiques sont importés en Europe depuis l’Asie. Leur immense popularité a incité les artisans européens à imiter ces laques en utilisant leurs matériaux et techniques habituels, l’exportation des laques brutes étant interdite. Bien que les matières premières diffèrent largement – laques en Asie et résines naturelles en Europe –, les laques européennes ressemblent étroitement à leurs modèles orientaux. Malgré le grand nombre de recettes de préparation de laques européennes encore disponibles, ce qui reflète bien l’immense variété des compositions et processus de fabrication, on ne connaît pas grand-chose du contexte d’histoire de l’art dans lequel sont nées ces laques européennes, ni de leur aspect technique.

Le projet « Les laques européennes et leur contexte » se penchera sur l’étude de l’histoire des techniques des laques européennes, en s’intéressant en particulier à une sélection d’œuvres d’Europe occidentale conservées dans les collections des Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH). Trois partenaires belges portent ce projet : l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), essentiellement pour tous les aspects chimiques ; l'Universiteit Antwerpen (UAntwerpen), principalement pour les aspects technologiques et physiques ; les MRAH, chargés des aspects liés à l’histoire de l’art et à la collection étudiée.

Les recettes sur les laques européennes joueront un rôle central dans cette étude. Le volet histoire de l’art consistera à rechercher dans les sources historiques (des recettes entre autres) des informations sur les lieux et processus de production, de façon à mieux comprendre les conditions socio-économiques qui ont vu naître les laques européennes. L’accent sera mis sur les laques de nos régions entre la fin du XVIe et le début du XXe siècle et, en particulier, sur les cabinets anversois, « Bois de Spa » et meubles des périodes Art nouveau et Art déco.

Si les matériaux utilisés sont essentiels pour la préparation des laques européennes, la technique de préparation – aspect souvent négligé – est tout aussi importante. Seules les reconstitutions sur la base de recettes anciennes, réalisées par l’UAntwerpen, pourront permettre de mesurer l’importance du choix des matériaux et des procédures, leurs possibilités ou leurs limites, dans la préparation des laques européennes. L’influence des ingrédients et du processus de fabrication sur des paramètres physiques comme la brillance, la couleur, la dureté, etc. pourra être déterminée, aussi bien pour des laques européennes reconstituées que pour des laques anciennes ou vieillies artificiellement, et pour une sélection de laques historiques présentes dans la collection des MRAH.

Cette étude ne serait pas complète si elle n’incluait pas également la caractérisation chimique des laques européennes. Du point de vue chimique, les laques européennes sont des couches de vernis posées les unes sur les autres, couches d’une composition complexe à base d’une mixtion de résines naturelles, de solvants, d’additifs, de pigments et/ou de charges. Identifier ces différents composants forme un véritable défi analytique. Non seulement la présence simultanée de différentes résines (dures-siccatives) complique les analyses, mais la dégradation chimique engendrée par la préparation de la laque et par son vieillissement naturel contribue à la complexité des analyses. En outre, seuls de petits échantillons des œuvres précieuses sont disponibles. Avec l’aide d’échantillons-tests (vieillis artificiellement), le protocole d’analyse sera mis au point, fondé essentiellement sur deux techniques d’analyses : la chromatographie en phase gazeuse à pyrolyse / spectrométrie de masse (Py-GC/MS) et la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR). Ces études permettront de mieux comprendre les changements chimiques qui interviennent lors de la préparation des vernis et des laques et suite à leur vieillissement. Enfin, des analyses chimiques seront effectuées sur les laques historiques de la collection des MRAH.  

Ce projet est la première étude belge de grande envergure dans ce domaine. Il mènera sans nul doute à d’importants résultats en ce qui concerne le commerce, la production, le statut social et les sources artistiques des œuvres et meubles laqués. Le projet proposé valorisera la valeur intrinsèque des laques européennes et contribuera à une meilleure compréhension des préférences et des appréciations de nos prédécesseurs pour les œuvres et les meubles avec une laque asiatique. Il permettra d’obtenir plus d’informations sur le vieillissement des laques, étape vitale pour mettre en place une stratégie de conservation préventive. Au niveau chimique, l’étude contribuera à une meilleure compréhension du vieillissement des résines naturelles, ingrédients majeurs des laques européennes. Ces résines sont utilisées fréquemment dans d’autres domaines artistiques (par exemple comme vernis ou sur des objets fabriqués en résine, etc.).

Une banque de données sera créée pour permettre le partage et la recherche des informations mentionnées dans les recettes et découvertes au fil de l’étude. Outil de travail avant tout, cette banque de données sera néanmoins, à l’issue du projet, rendue (partiellement) publique afin de stimuler la recherche dans ce domaine. D’autres canaux seront également utilisés pour diffuser les informations rassemblées, entre autres des publications régulières dans des revues (avec peer-review) et des présentations lors de conférences. Un workshop sera organisé avant la fin du projet pour partager avec des spécialistes du domaine la connaissance pratique du processus de fabrication des laques que l’étude aura permis d’acquérir. Afin de toucher un public plus large encore, nous mettrons tout en œuvre pour clôturer le projet par une exposition d’objets pourvus de laques asiatiques de la collection des MRAH, exposition durant laquelle les résultats de la recherche seront présentés.


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