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Disentangling the Masters of Guillebert de Mets: An Interdisciplinary Approach (GuilleMets)

Projet de recherche BR/121/PI/GuilleMets (Action de recherche BR)


Personnes :

  • Dr.  VANWIJNSBERGHE Domique - Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA)
    Coordinateur du projet
    Partenaire financé belge
    Durée: 1/10/2013-31/12/2015

Description :

DESCRIPTION DU PROJET


Le plus important groupe d’enlumineurs flamands de la première moitié du XVe siècle, les Maîtres de Guillebert de Mets, est paradoxalement l’un des plus insaisissables de son temps. Il n’a pas été possible, jusqu’à présent, de localiser son activité avec certitude et l’identité du principal enlumineur reste énigmatique. La chose est d’autant plus frustrante que le groupe a contribué à des manuscrits importants tels le Décaméron de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris ou la Cité de Dieu de Gui Guilbaut (Bruxelles, Bibliothèque royale). Il a également travaillé pour des bibliophiles aussi éminents que Philippe le Bon.

Sur la base d’un abondant dossier documentaire, comportant des pièces d’archives inédites, la première partie de ce projet réévaluera la personnalité fascinante de Guillebert de Mets, le scribe éponyme qui transcrivit au moins deux manuscrits enluminés par le groupe. Guillebert n’était pas uniquement un copiste, mais aussi un membre important de la magistrature de la ville flamande de Grammont et l’« hoste » d’une auberge qui accueillit des membres de l’entourage ducal de passage à Grammont. Cette auberge fut une véritable plaque tournante, un lieu de rencontre où se négocièrent des contrats pour la copie et l’enluminure de manuscrits. Le projet cherchera aussi à identifier le principal enlumineur du groupe avec Jean Ramont, un artisan qui fit probablement son apprentissage en Flandre et à Paris, un Gantois également actif à Tournai.

Dans un second temps, nous chercherons à reconstruire le réseau artistique et culturel dont faisait partie Ramont. Ceci nécessitera l’analyse fine de tous les indices présents dans les documents et les manuscrits du groupe, afin de dégager le profil social, culturel et intellectuel tant du scribe que des enlumineurs, dont le style fut clairement modelé en fonction d’une clientèle pour laquelle l’art parisien constituait une référence. Cette approche nécessitera une analyse approfondie de micro-milieux tels que l’Université de Paris et les cercles proto-humanistes actifs dans cette ville, l’entourage de la cour ducale à Paris et dans les Pays-Bas, la Cour amoureuse de Charles VI (une société littéraire liée à la fois au roi et au duc de Bourgogne), mais aussi les milieux de la devotio moderna ancrée dans le nord. L’un des défis majeurs de cette recherche sera de déterminer comme l’œuvre de Jan Ramont s’insère et fonctionne dans ce labyrinthe dense de réseaux. À ce stade de la recherche, la cour de Bourgogne semble être un important fil rouge.

La densité historique de ces objets complexes que sont les manuscrits nécessite une approche nécessairement pluridisciplinaire. Ce projet devra donc convoquer une gamme très large de savoirs allant par exemple de la paléographie et de la codicologie à l’histoire économique, sociale et politique, en passant par l’histoire littéraire, la linguistique, la liturgie, l’héraldique, la généalogie, l’histoire des collections et bien d’autres disciplines encore. Il sera fait appel à un vaste réseau de spécialistes pour obtenir des réponses à ces questions pointues et tester les hypothèses qui seront avancées.

Une troisième et dernière partie du projet cherchera à établir si (et comment) les méthodes de laboratoire les plus récentes peuvent contribuer à clarifier des problèmes de connoisseurship par une analyse non invasive des encres, des pigments et des techniques picturales. La spectrométrie de fluorescence X (XRF), technique qui sera mise en œuvre, offre une multitude d’avantages: elle est non-destructive et la taille du faisceau n’est que de 70 µm, ce qui est important pour étudier de minuscules détails ; la technique offre la possibilité d’analyser simultanément des éléments chimiques multiples et elle est en outre rapide : une mesure ne prend que 120 secondes. L’emplacement exact du faisceau de mesure peut être suivi (ou adapté) sur le moniteur, tandis que la mise au point de la tête de mesure dans la position désirée peut également être effectuée par ordinateur. L’équipement est entièrement mobile et les analyses peuvent être réalisées in situ. La technique est utilisable tant pour l’étude des enluminures (pigments inorganiques, feuille de métal ou peinture) que des encres métallo-galliques.

La combinaison de ces différentes méthodes devrait permettre d’éclairer l’activité et le travail d’un groupe d’enlumineurs flamands extrêmement créatif, un lien crucial entre l’enluminure parisienne et celle des anciens Pays-Bas méridionaux. Le projet vise aussi à valoriser certains des manuscrits les plus précieux de la Bibliothèque royale de Belgique.


Documentation :

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