Participants scientifiques
Frank Dehairs
Le climat terrestre a considérablement évolué par
le passé, car soumis à des phénomènes
naturels, incluant des variations dans les échanges de
CO2 entre l’atmosphère et les océans. L’homme
change ces cycles naturels, en cause l’énorme dégagement
de dioxyde de carbone provenant de la combustion de matières
combustibles fossiles, ainsi que de la déforestation.
Aujourd’hui, le CO2 présent dans l’atmosphère
croit de manière exponentielle. Une grande partie de ce
CO2 est retenu par l’océan dans son ensemble, dont
l’océan Antarctique représente une partie
importante. Afin de comprendre et de prédire le climat,
il est important d’en connaître plus sur la manière
dont l’océan réagit au CO2 qu’il reçoit
de l’atmosphère. Des processus purement physiques
et chimiques sont ici concernés (le CO2 se dissout dans
l’eau de mer et réagit à l’eau) mais également
un processus biologique tel que la photosynthèse par les
algues unicellulaires (phytoplancton) et la respiration par bactéries,
plancton et organismes plus évolués.
Ma recherche fait partie du domaine de la biochimie marine. Cela couvre en fait les disciplines de biologie marine, géologie et chimie. De cette manière, vous pouvez devenir biochimiste tout en étant biologiste, chimiste ou géologue.
Avant d’embarquer à destination
d’un Océan Austral, vous devez préparer avec
soin votre équipement scientifique (produits chimiques,
instruments de prélèvement, instruments d’analyse).
Vous devez vérifier avec soin le fonctionnement de tout
l’équipement et qu’aucun produit chimique
ou équipement, aussi petit soit-il, n’a été oublié mais
sera bien sur le bateau lorsque vous aurez à commencer
votre travail. Votre bateau sera seul sur l’immensité de
l’océan et personne ne pourra vous dépanner
en pièces de rechange ou en articles oubliés...
Si possible, nous utiliserons un container laboratoire provenant
du vaisseau océanographique belge, le Belgica. Ce laboratoire
est complètement préparé en Belgique et
est alors envoyé par cargo vers une destination lointaine
telle que Punta Arenas, Ushuaia, Hobart, La Réunion....
Par la suite, il sera placé sur un grand vaisseau (principalement
un brise-glace) tel quel le Polarstern, Aurora Australis, Marion
Dufresne, qui sont respectivement des vaisseaux allemand, australien
et français. En fait, la Belgique ne possède pas
de bateau brise-glace pour des expéditions dans les mers
polaires et c’est pourquoi nous devons faire appel à des
bateaux étrangers.
Ce qui me fascine lorsque nous
partons en expédition, c’est l’immensité de
l’océan, l’horizon que jamais on ne peut atteindre
et lorsque nous arrivons à proximité de l’Antarctique,
la vue de ces énormes icebergs, de toute cette glace et
finalement de la banquise, dernier obstacle à franchir
avant d’atteindre le continent.
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