
Projet de recherche P4S/24E/REFRESH (Action de recherche P4S)
Dans le contexte des collections muséales et du bâti, le patrimoine culturel représente une ressource unique sur les plans socioculturel et économique. Le climat en Europe change plus rapidement que dans d’autres régions et s’accompagne d’événements météorologiques extrêmes provoquant sécheresses et inondations, tempêtes sévères ainsi que vagues de chaleur intenses, déclenchant souvent des incendies dévastateurs. Alors que l’impact du changement climatique sur la société et les écosystèmes a suscité une attention considérable, les conséquences pour le patrimoine culturel ont été largement négligées.
Le principal facteur du fort impact du changement climatique sur les sites patrimoniaux (bâtiments historiques abritant des collections, entourés d’un environnement naturel) est l’eau (en excès ou en déficit) et ses transferts. Dans ce contexte, le projet vise à comprendre le rôle du cycle de l’eau dans la conservation des sites patrimoniaux grâce à une approche holistique prenant en compte le transport de l’eau à trois échelles :
- L’eau liquide dans l’environnement naturel (sols et végétation dans les jardins et parcs)
- Le transfert de l’eau, (liquide et vapeur), à travers l’enveloppe architecturale du bâtiment (monument)
- Le passage de la vapeur à l’eau liquide à l’intérieur et dans les collections (climat intérieur et phénomènes de condensation)
Notre objectif est d’identifier des leviers, du transfert de l’eau sur l’ensemble du site patrimonial, permettant une conservation optimale des sites culturels tout en améliorant la gestion de l’eau et en réduisant la consommation énergétique. La corrélation des transferts d’eau entre ces trois échelles sera étudiée au regard des données climatiques (passées, présentes et futures) pour quatre études de cas : le Palais du Louvre, le Gruuthusemuseum, le Palais de Blenheim et le Palais des Doges. Ils sont représentatifs de différents types de climats et de contextes (urbain et rural).
Grâce à ces mesures d’adaptation, le projet déterminera comment la relation entre nature et culture (sol–végétation–monument–collections) peut être source de résilience du patrimoine culturel et de mitigation du changement climatique.