
Projet de recherche P4S/251/TETELA (Action de recherche P4S)
Dans les années 1950, John Jacobs, philologue belge, était engagé par l'Institut de recherche coloniale IRSAC pour mener des recherches linguistiques dans la région de Sankuru (RDC). Avec l'aide d'une équipe d'experts tetela, il a enregistré une grande quantité de traditions orales (vocabulaires, devinettes, proverbes, épopées) dans des variétés du tetela et des langues apparentées, tout en collectant des objets de la culture matérielle. Alors que les recherches de Jacobs servaient un programme colonial visant à l'unification linguistique dans le cadre d'une course effrénée aux « découvertes » scientifiques, ces collections datant d'il y a 75 ans constituent aujourd'hui une immense richesse du patrimoine culturel.
Ces collections historiques se trouvent toutefois dispersés entre différents lieux et institutions:
1) le RMCA, qui abrite quelque 150 objets culturels ;
2) les archives de l’UGent, qui contiennent des notes de terrain sur les traditions orales, des vocabulaires multilingues, des descriptions multilingues des objets du musée et la correspondance entre Jacobs et son équipe ;
3) les collections privées des héritiers de Jacobs, qui comprennent des documents audiovisuels datant des années 1950.
La plupart de ces documents « en sommeil » sont multilingues (tetela et langues apparentées, français, néerlandais), n’ont pas été numérisés et sont inaccessibles au grand public (parlant le tetela). Jusqu’à présent, seuls les chercheurs ont pu consulter les publications de Jacobs. Les spécialistes du tetela souhaitent vivement avoir accès à l’intégralité des collections, tandis que le grand public non spécialisé souhaite s’impliquer activement dans la mémoire culturelle.
TETELA, une collaboration entre le RMCA, l’UGent et l’Université Notre-Dame de Tshumbe, repense ces collections coloniales afin de parvenir à une restitution durable et multiforme. Le premier objectif du projet est donc la création d’une base de données multilingue, gérée en copropriété et accessible en ligne, afin de mettre ce patrimoine à la disposition des chercheurs et du grand public de la région. Le deuxième objectif du projet consiste à organiser des événements en Belgique et en RDC qui rendront le contenu des archives accessible au public en créant un espace permettant aux gens de se (re)connecter avec le patrimoine documenté.