Cornelis Cort d’après Pieter I Bruegel
La chute de Phaéton
Gravure
Anvers, Hieronymus Cock, ca. 1565
Bibliothèque Royale de Belgique, Cabinet des Estampes
Inv. S.I 7588

Frans Huys d’après Pieter I Bruegel
La chute d’Icare
Gravure
Anvers, Hieronymus Cock, ca. 1562
Bibliothèque Royale de Belgique, Cabinet des Estampes
Inv. S.III 26214

OBJET 22

La chute de Phaéton et La chute d’Icare
Chez Pieter Bruegel l’Ancien (ca. 1525-1569), les œuvres d’art ne sont pas le fruit du hasard. Le grand public connaît Pieter Bruegel surtout grâce à ses tableaux représentant des scènes paysannes, mais ceux-ci ne sont qu’une partie de son œuvre. L’artiste se distingue aussi comme innovateur de l’art du paysage et crée de nombreuses scènes narratives avec une portée intemporelle et universelle. Pour l’éditeur d’estampes anversois, Hiëronymus Cock (1518-1570), il réalise des dessins détaillés que les meilleurs graveurs de l’époque gravent dans des plaques de cuivre. Par ce biais, Bruegel crée un ensemble de gravures impressionnant grâce auxquelles il acquiert une notoriété internationale.

Avec sa série “Les Vaisseaux de mer”, Bruegel pose les fondements d’un nouveau genre en gravure – la vue maritime avec navires – qui connaîtra un essor particulier durant le siècle d’or hollandais. Bruegel remua ciel et terre (au sens propre) pour bien équilibrer ces compositions.
Dans les deux œuvres exposées, La chute de Phaéton et La chute d’Icare, en provenance de la série d’estampes « Les Vaisseaux de mer », l’accent est mis sur la représentation détaillée des voiliers. Mais l’artiste y peint également un ciel tourmenté. Outre le recours à des nuages menaçants et des tempêtes impressionnantes, la présence de deux Titans contribue à amplifier le caractère dramatique de ces deux estampes.
La chute d’Icare met en scène le dénouement du récit de Dédale et de son fils Icare, qui s’échappent du labyrinthe grâce à leurs ailes faites de plumes et de cire. Le père avertit son fils de ne pas voler trop près du soleil sinon la cire risque de fondre, recommandation qui n’est pas suivie par le fils téméraire.
En tant que demi-dieu et fils d’Apollon, Phaéton avait déjà une place sur l’Olympe. Le vœu le plus cher de ce jeune dieu était de conduire lui-même le char solaire de son père. Il s’y essaie donc contre la volonté d’Apollon. Une fois élancé, les chevaux s’emballent et le jeune Phaéton, inexpérimenté, perd le contrôle et Jupiter est supplié d’intervenir. Ce dernier projette la foudre pour arrêter le char et précipite Phaéton dans le fleuve Eridan.
La Bibliothèque royale de Belgique étudie actuellement l’œuvre graphique de Bruegel dans sa collection. Grâce au projet FINGERPRINT, les dessins et estampes sont analysés jusque dans les moindres détails. À l’aide d’appareils de scannage spéciaux, du traitement statistique des images et d’analyses de laboratoire, nous pourrons montrer les différentes phases de la genèse d’un dessin ou d’une estampe. Ce projet, qui s’étend sur quatre ans, permettra d’avoir de l’œuvre graphique de Bruegel une connaissance approfondie, qui sera mise à profit lors d’une grande exposition en 2019, 450 ans après le décès du maître.

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