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Objet 22

Johannes Hevelius (Jan Höwelcke)
Selenographia sive Lunae descriptio (fig. R – pleine lune/nouvelle lune)
Gravure sur cuivre (1647)
Bibliothèque Royale de Belgique (KBR), Imprimés anciens et précieux
Inv. II 51.991 C

Deux ans après la parution de la première carte de la lune établie par Michel van Langeren en 1645, l’astronome polonais Johannes Hevelius ou Jan Höwelcke (1611-1687) publie le premier atlas entièrement consacré au satellite de la terre. L’ouvrage s’intitule en latin Selenographia qui se traduit par la sélénographie, soit l’étude de la surface de la lune. Le nom renvoie à Séléné, déesse grecque personnifiant la lune et sœur d’Hélios (dieu du soleil). Cette science prend son essor dès le milieu du XVIIe siècle : peu après l’apparition des premiers télescopes, les savants tentent d’élaborer des normes pour représenter les corps célestes. Durant plus de dix ans, Hevelius a étudié le satellite de la terre : il a créé ses propres instruments d’observation et a lui-même réalisé les croquis et gravures de ce livre. La carte exposée ici représente la lune entre deux phases (la pleine et la nouvelle) : on distingue les mers (zones sombres) et les terres (zones claires) ; les cratères sont particulièrement mis en évidence. Vu que la lune est sujette à des oscillations (appelées librations), seulement 59% de sa surface est visible depuis la terre : Hevelius a tenu compte de cela dans sa représentation. Dans les pages qui précèdent, il a établi un index des éléments du relief lunaire (mers, monts, fleuves, continents, vallées, etc.). À cette époque, il n’existe pas d’uniformisation des termes servant à désigner ces caractéristiques physiques. Chaque cartographe fait ses propres choix : Langeren s’inspire des noms de rois et de savants ; Hevelius emprunte celui des lieux géographiques de la terre. Dans le coin supérieur droit, le graveur Jeremiah Falck a placé deux anges : ceux-ci tiennent une banderole sur laquelle figure un passage des Psaumes. Les autres gravures de cet ouvrage sont accompagnées de citations extraites tantôt d’œuvres d’auteurs de l’antiquité gréco-romaine, tantôt de textes chrétiens. Ces passages témoignent d’une vision humaniste du savoir scientifique à cette époque : les cultures classique et chrétienne se mêlent à la science. Le travail d’Hevelius restera l’une des références incontournables de son époque.



Clarke
Mélusine : Contes de la pleine lune
Melisande : Verhalen bij volle maan
Sc : F.Gilson
Dupuis, 2002

 

 

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