
Pour BELSPO, la diplomatie scientifique et la diplomatie culturelle constituent deux piliers complémentaires de son action internationale. À travers ses Etablissements scientifiques fédéraux (ESF) [1] la Belgique dispose d’un patrimoine scientifique, historique et culturel exceptionnel, d’infrastructures internationales de recherche ainsi que de vastes réseaux de chercheurs, d’experts du patrimoine et de musées. Cette combinaison unique fait de BELSPO un acteur international important de la coopération scientifique et culturelle et renforce le rayonnement international de la Belgique.
Sur la base du Plan d’action Science et diplomatie culturelle (SCD) approuvé en
2025, BELSPO œuvre à l’ancrage structurel de la diplomatie scientifique et culturelle
dans ses politiques et son fonctionnement, conformément à l’agenda européen en matière de diplomatie
scientifique.
Le Plan d’action vise à renforcer davantage le rôle international de BELSPO, des ESF et de leur expertise, en mobilisant activement la science, la culture et le
patrimoine comme instruments de coopération et de dialogue internationaux.
Le Plan d’action se concentre sur les priorités suivantes :
Les infrastructures de recherche belges contribuent également à la diplomatie scientifique. On peut
notamment citer l’investissement conjoint de la Belgique, de la Commission européenne et de l’UNESCO dans
la tour de flux de carbone CongoFlux [2] située dans le bassin du
Congo et liée au Centre d’expertise de Yangambi pour le climat et la biodiversité. Située dans la Réserve
de biosphère de Yangambi, en République démocratique du Congo, cette tour de flux de carbone est bien
davantage qu’une infrastructure de recherche consacrée au changement climatique et à la biodiversité :
l’initiative constitue un exemple de diplomatie scientifique en action, réunissant des partenaires belges,
congolais et internationaux, notamment la Commission européenne, l’UNESCO, le Service public fédéral
Affaires étrangères et BELSPO, autour d’un défi mondial commun en matière de climat et de biodiversité,
avec des impacts régionaux et locaux.
La tour fournit les premières mesures continues des échanges de gaz à effet de serre entre le
bassin du Congo et l’atmosphère, permettant de produire des connaissances essentielles sur le rôle
de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et de l’un de ses principaux puits de carbone.
Le Centre d’excellence de Yangambi [4], avec sa tour de
flux de carbone, sa xylothèque [5] unique, son herbier coordonné par
le Jardin botanique de Meise, le CSB (Centre de Suivi de la Biodiversité) géré par l’Institut royal des
Sciences naturelles de Belgique, ainsi qu’un vaste transect d’échantillonnage forestier et d’autres
infrastructures, constitue également un pôle international de recherche multidisciplinaire. Il rassemble
de manière complémentaire des expertises dans les domaines des sciences du climat, de l’écologie, de la
gestion forestière, de la biodiversité, de l’hydrologie, de la biogéochimie et d’autres disciplines.

Grâce à la coopération entre, notamment, l’Université de Gand (UGent), le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC), l’INERA, ainsi que des partenaires belges et européens, CongoFlux contribue à des échanges de connaissances technologiques et traditionnelles de niveau mondial, au renforcement des capacités scientifiques en Afrique centrale — notamment pour les chercheurs et techniciens locaux — ainsi qu’à l’implication des populations locales, et en particulier des jeunes. En reliant l’infrastructure à l’Integrated Carbon Observation System (ICOS) européen, les données sont collectées et partagées conformément aux normes internationales, permettant ainsi d’intégrer le bassin du Congo aux réseaux mondiaux d’observation du climat. [3].
Un autre exemple est la Station antarctique Princess Elisabeth [6], où une coopération avec des experts chiliens et péruviens est possible,
notamment dans le cadre de protocoles d’accord (Memoranda of Understanding, MoU), tandis que le
soutien logistique est assuré en coopération avec l’Afrique du Sud [7]
La Belgique collabore étroitement avec l’Afrique du Sud pour le soutien logistique de la Station Princess
Elisabeth Antarctica à travers les réseaux DROMLAN et DROMSHIP, respectivement Dronning Maud Land Air
Network et Dronning Maud Land Shipments Network.
Des vols partent du Cap vers l’aérodrome de Troll en Antarctique, d’où le personnel, les équipements
scientifiques et les approvisionnements sont ensuite acheminés vers les différentes stations de recherche
du territoire de la Terre de la Reine-Maud, dont la station belge Princess Elisabeth. Grâce à cette
coopération, l’Afrique du Sud constitue la principale porte d’entrée logistique des activités polaires
belges et un maillon essentiel de la coopération scientifique internationale en Antarctique.
Chacune de ces initiatives illustre la manière dont la science peut contribuer à la confiance, au dialogue et à la prise de décision conjointe, même lorsque le contexte politique est particulièrement difficile. Ces exemples mettent également en évidence le rôle des institutions de recherche et des chercheurs individuels en tant qu’acteurs de la diplomatie scientifique.
En participant activement aux réseaux européens et mondiaux, BELSPO contribue au renforcement de la position de la Belgique au sein de l’Espace européen de la recherche ainsi qu’aux objectifs de la politique étrangère belge.
L’action internationale de BELSPO ne se limite pas à la coopération scientifique classique et accorde également une attention aux dimensions technologiques et sociétales de la recherche et de l’innovation. Grâce aux Institutions scientifiques fédérales, aux programmes de recherche et aux partenariats internationaux, BELSPO dispose d’expertises et de réseaux susceptibles de contribuer au dialogue international sur l’intelligence artificielle, la numérisation, les mégadonnées (big data) et d’autres technologies émergentes. BELSPO s’inscrit dans les priorités plus larges de la Belgique et de l’Europe en matière de souveraineté technologique, de science ouverte, de transformation numérique, d’accès inclusif aux connaissances et aux technologies, ainsi que de sécurité des connaissances.
Sur le plan culturel, de nouvelles possibilités de coopération sont explorées et les partenariats
existants sont renforcés avec des musées, des institutions patrimoniales et des organismes de recherche,
notamment en Chine, en Thaïlande et au Maroc. Des protocoles d’accord (Memoranda of Understanding, MoU)
ont été préparés ou développés davantage autour de thèmes tels que la gestion des collections, la
conservation, la numérisation, les expositions conjointes ou les échanges d’expositions, les échanges
d’expertise ou encore les techniques innovantes de restauration.
De cette manière, les ESF contribuent non seulement au rayonnement international du patrimoine belge, mais
renforcent également, entre autres via des expositions, le rôle de la culture comme instrument de dialogue, de confiance et de coopération
internationale durable.
L’exposition Music, Sound &
Imagination au Palais royal [10] en 2026 n’a pas
seulement constitué une vitrine du patrimoine scientifique et culturel fédéral de la Belgique ; elle a
également joué un rôle de catalyseur pour la diplomatie culturelle internationale de BELSPO et des
Etablissements scientifiques fédéraux (ESF).

L’organisation de séminaires consacrés à la diplomatie scientifique constitue également un moyen efficace
de renforcer les réseaux, de faciliter le dialogue, d’accroître la visibilité et de contribuer à une
meilleure compréhension de la diplomatie scientifique dans la pratique ainsi que du rôle des différents
acteurs. BELSPO prévoit d’organiser un deuxième séminaire belge sur la diplomatie scientifique en décembre
2026 [11], consacré à la « diplomatie scientifique dans la
pratique », dix ans après le premier séminaire belge sur la diplomatie scientifique organisé en 2016.
BELSPO ambitionne de renforcer davantage la diplomatie scientifique en favorisant le partage des
connaissances et le renforcement des capacités. Cela devrait à son tour contribuer à une prise de
décision mieux informée.
Au printemps 2027, BELSPO souhaite organiser, dans le cadre des
Journées diplomatiques, une table ronde destinée aux diplomates et conseillers actifs au sein des
ambassades et postes diplomatiques belges dans le monde.
Cette rencontre pourrait contribuer à une meilleure compréhension mutuelle du potentiel de la diplomatie
scientifique en tant qu’instrument facilitateur (enabling instrument) dans un monde en mutation,
caractérisé par des défis complexes et interconnectés.
BELSPO souhaite également contribuer à la visibilité et à l’intégration de la diplomatie scientifique dans
la formation des nouveaux diplomates, afin que les futurs représentants de la Belgique soient aussi bien
préparés que possible à tirer parti de l’interaction entre science, technologie et politique étrangère
dans un monde en évolution rapide.

[1] www.belspo.be/belspo/fsi/index_fr.stm
[2] www.frontiersin.org/journals/soil-science/articles/10.3389/fsoil.2022.883236/full
[3] www.belspo.be/belspo/Fedra/proj.asp?COD=EF%2F211%2FICOS-BE&l=en
[4] www.yangambi.org/en/about/research-center
[5] en.wikipedia.org/wiki/Xylotheque
[6] www.antarcticstation.org
[7] www.antarcticstation.org/science/prepare_season/
[8] www.belspo.be/belspo/openscience/index_en.stm
[9] www.go-fair.org/fair-principles
[10] royal.belspo.be/expo/index_fr.stm
[11] www.belspo.be/belspo/coordination/doc/events/20161201_seminar-science-diplom.pdf
