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  Diplomatie scientifique et culturelle au sein de BELSPO

Pour BELSPO, la diplomatie scientifique et la diplomatie culturelle constituent deux piliers complémentaires de son action internationale. À travers ses Etablissements scientifiques fédéraux (ESF) [1] la Belgique dispose d’un patrimoine scientifique, historique et culturel exceptionnel, d’infrastructures internationales de recherche ainsi que de vastes réseaux de chercheurs, d’experts du patrimoine et de musées. Cette combinaison unique fait de BELSPO un acteur international important de la coopération scientifique et culturelle et renforce le rayonnement international de la Belgique.

Sur la base du Plan d’action Science et diplomatie culturelle (SCD) approuvé en 2025, BELSPO œuvre à l’ancrage structurel de la diplomatie scientifique et culturelle dans ses politiques et son fonctionnement, conformément à l’agenda européen en matière de diplomatie scientifique.
Le Plan d’action vise à renforcer davantage le rôle international de BELSPO, des ESF et de leur expertise, en mobilisant activement la science, la culture et le patrimoine comme instruments de coopération et de dialogue internationaux.

Le Plan d’action se concentre sur les priorités suivantes :

  • Coordination et alignement stratégiques : renforcer la coopération avec le Service public fédéral Affaires étrangères, les ISF et d’autres partenaires nationaux et internationaux afin de mieux aligner les intérêts belges et internationaux, l’expertise et les possibilités de coopération ;
  • Constitution d’une base de connaissances internationale : développer une meilleure vue d’ensemble des activités internationales, de l’expertise, des réseaux et des opportunités stratégiques au sein de BELSPO et des ISF, afin de pouvoir établir de nouveaux partenariats de manière plus ciblée ;
  • Renforcement de la visibilité et de l’impact internationaux : positionner BELSPO et les ISF comme des partenaires internationaux attractifs et fiables, notamment en créant des synergies dans le cadre d’une approche « Team Belgium » et en renforçant la communication autour des initiatives conjointes ;
  • Renforcement des capacités et partage des connaissances : favoriser le développement de l’expertise en matière de diplomatie scientifique et culturelle grâce à des formations, des réseaux, des échanges de bonnes pratiques et la participation à des initiatives européennes et multilatérales ;
  • Ancrage d’une production et d’un partage de connaissances de qualité : promouvoir la science ouverte [8], les principes FAIR [9] (Findable, Accessible, Interoperable and Reusable),la prise de décision fondée sur des données probantes, l’intégrité de la recherche et la sécurité des connaissances comme fondements d’une coopération internationale fiable.

Les infrastructures de recherche belges contribuent également à la diplomatie scientifique. On peut notamment citer l’investissement conjoint de la Belgique, de la Commission européenne et de l’UNESCO dans la tour de flux de carbone CongoFlux [2] située dans le bassin du Congo et liée au Centre d’expertise de Yangambi pour le climat et la biodiversité. Située dans la Réserve de biosphère de Yangambi, en République démocratique du Congo, cette tour de flux de carbone est bien davantage qu’une infrastructure de recherche consacrée au changement climatique et à la biodiversité : l’initiative constitue un exemple de diplomatie scientifique en action, réunissant des partenaires belges, congolais et internationaux, notamment la Commission européenne, l’UNESCO, le Service public fédéral Affaires étrangères et BELSPO, autour d’un défi mondial commun en matière de climat et de biodiversité, avec des impacts régionaux et locaux.

La tour fournit les premières mesures continues des échanges de gaz à effet de serre entre le bassin du Congo et l’atmosphère, permettant de produire des connaissances essentielles sur le rôle de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et de l’un de ses principaux puits de carbone. Le Centre d’excellence de Yangambi [4], avec sa tour de flux de carbone, sa xylothèque [5] unique, son herbier coordonné par le Jardin botanique de Meise, le CSB (Centre de Suivi de la Biodiversité) géré par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, ainsi qu’un vaste transect d’échantillonnage forestier et d’autres infrastructures, constitue également un pôle international de recherche multidisciplinaire. Il rassemble de manière complémentaire des expertises dans les domaines des sciences du climat, de l’écologie, de la gestion forestière, de la biodiversité, de l’hydrologie, de la biogéochimie et d’autres disciplines.

Grâce à la coopération entre, notamment, l’Université de Gand (UGent), le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC), l’INERA, ainsi que des partenaires belges et européens, CongoFlux contribue à des échanges de connaissances technologiques et traditionnelles de niveau mondial, au renforcement des capacités scientifiques en Afrique centrale — notamment pour les chercheurs et techniciens locaux — ainsi qu’à l’implication des populations locales, et en particulier des jeunes. En reliant l’infrastructure à l’Integrated Carbon Observation System (ICOS) européen, les données sont collectées et partagées conformément aux normes internationales, permettant ainsi d’intégrer le bassin du Congo aux réseaux mondiaux d’observation du climat. [3].

Un autre exemple est la Station antarctique Princess Elisabeth [6], où une coopération avec des experts chiliens et péruviens est possible, notamment dans le cadre de protocoles d’accord (Memoranda of Understanding, MoU), tandis que le soutien logistique est assuré en coopération avec l’Afrique du Sud [7] La Belgique collabore étroitement avec l’Afrique du Sud pour le soutien logistique de la Station Princess Elisabeth Antarctica à travers les réseaux DROMLAN et DROMSHIP, respectivement Dronning Maud Land Air Network et Dronning Maud Land Shipments Network. Des vols partent du Cap vers l’aérodrome de Troll en Antarctique, d’où le personnel, les équipements scientifiques et les approvisionnements sont ensuite acheminés vers les différentes stations de recherche du territoire de la Terre de la Reine-Maud, dont la station belge Princess Elisabeth. Grâce à cette coopération, l’Afrique du Sud constitue la principale porte d’entrée logistique des activités polaires belges et un maillon essentiel de la coopération scientifique internationale en Antarctique.

Chacune de ces initiatives illustre la manière dont la science peut contribuer à la confiance, au dialogue et à la prise de décision conjointe, même lorsque le contexte politique est particulièrement difficile. Ces exemples mettent également en évidence le rôle des institutions de recherche et des chercheurs individuels en tant qu’acteurs de la diplomatie scientifique.

En participant activement aux réseaux européens et mondiaux, BELSPO contribue au renforcement de la position de la Belgique au sein de l’Espace européen de la recherche ainsi qu’aux objectifs de la politique étrangère belge.

L’action internationale de BELSPO ne se limite pas à la coopération scientifique classique et accorde également une attention aux dimensions technologiques et sociétales de la recherche et de l’innovation. Grâce aux Institutions scientifiques fédérales, aux programmes de recherche et aux partenariats internationaux, BELSPO dispose d’expertises et de réseaux susceptibles de contribuer au dialogue international sur l’intelligence artificielle, la numérisation, les mégadonnées (big data) et d’autres technologies émergentes. BELSPO s’inscrit dans les priorités plus larges de la Belgique et de l’Europe en matière de souveraineté technologique, de science ouverte, de transformation numérique, d’accès inclusif aux connaissances et aux technologies, ainsi que de sécurité des connaissances.

Sur le plan culturel, de nouvelles possibilités de coopération sont explorées et les partenariats existants sont renforcés avec des musées, des institutions patrimoniales et des organismes de recherche, notamment en Chine, en Thaïlande et au Maroc. Des protocoles d’accord (Memoranda of Understanding, MoU) ont été préparés ou développés davantage autour de thèmes tels que la gestion des collections, la conservation, la numérisation, les expositions conjointes ou les échanges d’expositions, les échanges d’expertise ou encore les techniques innovantes de restauration.

De cette manière, les ESF contribuent non seulement au rayonnement international du patrimoine belge, mais renforcent également, entre autres via des expositions, le rôle de la culture comme instrument de dialogue, de confiance et de coopération internationale durable.L’exposition Music, Sound & Imagination au Palais royal [10] en 2026 n’a pas seulement constitué une vitrine du patrimoine scientifique et culturel fédéral de la Belgique ; elle a également joué un rôle de catalyseur pour la diplomatie culturelle internationale de BELSPO et des Etablissements scientifiques fédéraux (ESF).

L’organisation de séminaires consacrés à la diplomatie scientifique constitue également un moyen efficace de renforcer les réseaux, de faciliter le dialogue, d’accroître la visibilité et de contribuer à une meilleure compréhension de la diplomatie scientifique dans la pratique ainsi que du rôle des différents acteurs. BELSPO prévoit d’organiser un deuxième séminaire belge sur la diplomatie scientifique en décembre 2026 [11], consacré à la « diplomatie scientifique dans la pratique », dix ans après le premier séminaire belge sur la diplomatie scientifique organisé en 2016.

BELSPO ambitionne de renforcer davantage la diplomatie scientifique en favorisant le partage des connaissances et le renforcement des capacités. Cela devrait à son tour contribuer à une prise de décision mieux informée. Au printemps 2027, BELSPO souhaite organiser, dans le cadre des Journées diplomatiques, une table ronde destinée aux diplomates et conseillers actifs au sein des ambassades et postes diplomatiques belges dans le monde. Cette rencontre pourrait contribuer à une meilleure compréhension mutuelle du potentiel de la diplomatie scientifique en tant qu’instrument facilitateur (enabling instrument) dans un monde en mutation, caractérisé par des défis complexes et interconnectés. BELSPO souhaite également contribuer à la visibilité et à l’intégration de la diplomatie scientifique dans la formation des nouveaux diplomates, afin que les futurs représentants de la Belgique soient aussi bien préparés que possible à tirer parti de l’interaction entre science, technologie et politique étrangère dans un monde en évolution rapide.

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