
BRUXELLES, 14/09/2026 - Le 15 septembre à 3h21, heure belge, une fusée Vega-C décollera avec à son bord non pas un, mais deux satellites : FLEX (FLuorescence EXplorer), de l'Agence spatiale européenne (ESA), et Sentinel-3C, qui relève du programme européen Copernicus. Ces deux missions poursuivent pourtant un objectif commun : mieux comprendre notre environnement et renforcer notre sécurité face aux enjeux climatiques et aux catastrophes naturelles. La Belgique y apporte son expertise technologique, pour les satellites comme pour le lancement, et joue aussi un rôle de premier plan dans l'analyse scientifique des données.
Ces dernières années, l'Europe comme le reste du monde ont connu des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents. Sécheresses prolongées, vagues de chaleur intenses, inondations, incendies de forêt… Observer la Terre avec le plus de précision possible est nécessaire pour mieux comprendre et anticiper ces évènements.
Deux satellites au service du climat et de l'environnement
C'est dans ce but que partent ces deux satellites : FLEX, pour la science, et Sentinel-3C, pour l'opérationnel. FLEX sera la première mission satellitaire à mesurer directement depuis l'espace, à l'échelle de la planète, la photosynthèse des plantes. Pour y parvenir, elle enregistre le très faible signal de fluorescence que les plantes émettent lorsqu'elles absorbent la lumière du soleil. Comme ce signal varie souvent avant que la plante ne montre le moindre dommage visible, FLEX révélera de manière précoce comment les cultures, les forêts et d'autres écosystèmes réagissent à la sécheresse, à la chaleur et au manque d'eau. La mission fournira ainsi des informations précieuses pour l'agriculture, la prévention des pénuries alimentaires, la recherche climatique et la gestion des milieux naturels.
Alors que FLEX a pour mission de mesurer l'état de santé des cultures, Sentinel-3C va collecter des données sur la Terre elle-même : la présence de glace en mer, par exemple, pour que les navires puissent l'éviter, ou la température à la surface du sol, qui permettra aux villes de mieux faire face aux vagues de chaleur estivales. Ces données serviront aussi à mieux suivre des catastrophes comme celle qui a touché les Hautes Fagnes cette année.
L'expertise belge à terre et dans l'espace
La Belgique contribue depuis de nombreuses années aux missions européennes d'observation de la Terre, à travers sa participation à des programmes spatiaux tels que FutureEO et Copernicus.
Pour FLEX, le Centre spatial de Liège (CSL) a joué un rôle déterminant dans la préparation de l'instrument FLORIS, le spectromètre de pointe qui mesurera la fluorescence des plantes. Dans ses chambres à vide thermique, le centre a exposé l'instrument à des conditions extrêmes reproduisant l'environnement spatial, afin de garantir son bon fonctionnement une fois en orbite.
Des entreprises et des instituts de recherche belges contribuent par ailleurs à plusieurs volets des missions FLEX et Sentinel-3 : composants électroniques, ingénierie, préparation du traitement des données et, à terme, exploitation scientifique. Parmi les acteurs belges concernés figurent notamment le CSL, Spacebel, Thales Alenia Space Belgium et le VITO.
La Belgique restera aussi présente après le lancement. Au-delà des activités que l'ESA déploiera pour traiter et interpréter les données, le programme STEREO de BELSPO associera activement les chercheurs belges à l'étalonnage, à la validation et à l'analyse des données recueillies par FLEX. Des chercheurs de l'UGent, de l'ULiège et du VITO, entre autres, prennent part aux équipes scientifiques internationales qui transformeront ces données en nouvelles connaissances sur le stress des écosystèmes, la productivité agricole, l'absorption du carbone et les conséquences du changement climatique. Chacun pourra en outre consulter gratuitement les données de Sentinel-3C sur Terrascope, la plateforme belge d'observation de la Terre.
Suivez le lancement en direct sur :
https://watch.esa.int/two/
Maxime Dechamps
Porte-parole
+32 474 75 31 83
maxime.dechamps@belspo.be
« Les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles, y compris en Europe. Grâce à FLEX, les scientifiques pourront, pour la première fois, mesurer directement la réaction des plantes à la sécheresse et à d'autres formes de stress. Combinées aux données de Sentinel-3C, ces mesures offrent un instrument puissant pour mieux comprendre nos écosystèmes, affiner les modèles climatiques et soutenir les responsables politiques. Le rôle important qu'y jouent les entreprises et les chercheurs belges confirme la solidité de notre pays dans le spatial européen », déclare Arnaud Vajda, président du comité de direction de BELSPO.
Vanessa Matz, ministre en charge de la Politique scientifique :
«
L’observation
de la Terre nous donne les connaissances nécessaires pour comprendre les changements qui affectent
notre planète et pour éclairer les décisions face aux défis climatiques et environnementaux. Le
lancement de Sentinel-3C et de FLEX vient renforcer nos capacités dans ce domaine et, en tant que
ministre en charge de la Politique scientifique, je m’en réjouis. Pas plus tard que la semaine
dernière, à l’occasion de l’International Space Summit de Paris, la Belgique a d’ailleurs réaffirmé
son soutien au programme Copernicus et à la poursuite de ses missions d’observation. Cet engagement
se traduit par la contribution de nos chercheurs et de nos entreprises à ces missions et par notre
volonté de préserver une expertise belge et européenne de premier plan dans le domaine de
l’observation de la Terre. »
Credit: ESA-M. Pédoussaut
Avec plus de 2500 collaborateurs, le SPP Politique scientifique, ou BELSPO (pour « Belgian Science Policy Office »), n’est pas une institution comme les autres. Il est l'acteur central de la politique scientifique en Belgique. Avec 4 directions et 10 établissements scientifiques fédéraux reconnus, notre mission est de stimuler la recherche scientifique et l'innovation dans tous les domaines, pour bâtir un avenir meilleur pour la Belgique.
Les domaines de BELSPO sont variés, allant de la recherche et des applications spatiales, au financement de programmes de recherche scientifique, en passant par la mise en réseau des chercheurs nationaux et internationaux, l’étude du climat, ou le financement des musées royaux. BELSPO gère aussi la station Princesse Elisabeth en Antarctique et est propriétaire du navire océanographique RV Belgica II.
Au sein de BELSPO, sciences et culture sont imbriquées pour développer une société plus éclairée, durable et harmonieuse. Nous offrons au gouvernement fédéral des données fiables et validées lui permettant de prendre des décisions éclairées dans des domaines tels que la lutte contre les changements climatiques, la biodiversité, la recherche polaire, la digitalisation, la science du patrimoine et tous les enjeux sociétaux.
BELSPO gère un budget annuel de plus de 664 millions d’euros.
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