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e-Science Connection Fabienne Collin

Fabienne Collin est docteure en sciences physiques (UCLouvain) et travaille comme sismologue à l'Observatoire royal de Belgique.


e-S.C. Dans quel domaine travailles-tu ?

Je travaille en séismologie, l’étude des tremblements de terre qui se produisent en Belgique et à l’étranger.

e-S.C. Quelle est l’importance de ce domaine ?

Les connaissances que nous accumulons grâce à la séismologie permettent de mieux connaître le sous-sol et sa dynamique. Ce domaine est important pour caractériser les régions où des tremblements de terre peuvent avoir lieu. Cela permet de donner des paramètres importants pour fixer des normes de construction pour les œuvres d’art (barrages, centrales nucléaires, sites SEVESO), mais aussi les hôpitaux, les centres d’aide d’urgence, etc.

e-S.C. Y a-t-il beaucoup de chercheuses dans ce domaine ?

Dans ce domaine, il y a encore peu de chercheuses. Je suis la seule statutaire en Belgique.

e-S.C. Quel est le sujet le plus important de tes recherches ?

Mon travail se répartit sur diverses tâches opérationnelles. Je suis entre autres responsable du réseau sismique belge c’est-à-dire que je veille à la maintenance des stations sismiques réparties sur l’entièreté du territoire. Je mesure les phases des téléséismes (tremblements de terre lointains) sur les signaux de nos stations et veille à ce que les bulletins ainsi constitués soient envoyés à temps à l’ISC (International Seismological Center). Cela fait plus d’un siècle que l’Observatoire remplit cette tâche. L’ISC recueille l’ensemble des phases mesurées dans le monde pour localiser avec le plus d’exactitude possible le foyer des séismes. Cela permet à de nombreux chercheurs et chercheuses dans le monde d’utiliser des données fiables pour leurs recherches, notamment sur la tomographie terrestre.

e-S.C. Mais à côté de cela, tu es apparemment très active …

Concernant mes autres tâches, je veille à la préservation des archives de la séismologie (anciens sismogrammes, anciens documents techniques, etc.) et je suis aussi disponible pour renseigner le public lors de tremblements de terre en Belgique ou à l’étranger, par téléphone ou par mail. J’anime des ateliers (présentation et manipulation d’instruments) lors de stages d’observation ou journées portes ouvertes à l’Observatoire. Il arrive aussi que j’aille dans des écoles pour exposer aux élèves notre métier. En équipe, nous allons aussi sur le terrain pour poser des instruments de mesure temporaires dans le cadre d’une étude locale, quelle que soit la météo. Il vaut mieux être bien équipé et ne pas avoir peur de salir ses chaussures (et ses vêtements). Les tâches sur le terrain sont réparties suivant les compétences de chacun et chacune et il m’est déjà arrivé de travailler avec une bêche. Pour ces différentes activités, que je sois homme ou femme n’a pas vraiment d’importance. Ce qui est important, c’est la rigueur, la patience, la disponibilité et le sens du contact humain.

e-S.C. Quelles collaborations as-tu à ce propos ?

Pour la maintenance des stations sismiques, j’ai trois collaborateurs sur lesquels je peux compter. Au niveau international, nous sommes liés à l’ISC, ORPHEUS, EPOS et autres centres européens ou internationaux concernés par la séismologie et le géophysique.

e-S.C. Qu’est-ce qui t’attire le plus dans cette activité ?

Lorsque j’ai dû m’orienter professionnellement, le tremblement de terre de Liège venait d’avoir lieu. Dans les années précédentes, quelques tremblements de Terre destructeurs avaient eu lieu dans le monde. Il me semblait important de comprendre mieux ces phénomènes pour pouvoir « sauver » des vies. Au fil des années, j’ai beaucoup appris sur la physique du globe, les séismes et leur caractère imprévisible. Aujourd’hui, je fais de mon mieux pour transmettre ces connaissances aux autres. À travers mon travail de mesures, je reste motivée en sachant que cela permet à d’autres de faire avancer les choses.

e-S.C. Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ?

Dans mon travail, j’aime l’esprit d’équipe, l’entraide entre collègues et les échanges d’idées. J’aime toujours apprendre et transmettre au public ce que je connais.

e-S.C. Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu changerais dans ton travail ?

C’est une très bonne question. Je n’ai jamais joué avec des baguettes magiques. J’aimerais avoir un cadre de travail encore plus top. Nous nous trouvons sur le plateau d’Uccle, un havre de verdure et de calme. Le bâtiment dans lequel nous nous trouvons aurait besoin d’un petit coup de rajeunissement. Nous nous occupons de réaménager l’intérieur pour une meilleure organisation des locaux mais une baguette magique pourrait peut-être moderniser l’ensemble du bâtiment pour le rendre plus confortable thermiquement parlant.


1. Fabienne Collin © Observatoire royal de Belgique.
2. Le réseau sismique belge moderne comprend une trentaine de stations. Son installation a commencé en 1985 et en 1990, il était déjà composé de plus de 20 stations.

Légendes
1. Fabienne Collin © Observatoire royal de Belgique.
2. Le réseau sismique belge moderne comprend une trentaine de stations. Son installation a commencé en 1985 et en 1990, il était déjà composé de plus de 20 stations. Lors de séismes fortement ressentis, les sismographes classiques peuvent arriver à saturation. Aussi, ce réseau a été complété dès 2001 par un réseau d’accéléromètres, capables de mesurer sans problème des accélérations de 1 g (g = 9,81 m/s²). Ces instruments, moins sensibles que les sismomètres, ne saturent pas lors de mouvements forts du sol.