
BRUXELLES, 11/02/2026 - L’astronaute française Sophie Adenot qui s’envolera demain pour l’ISS, réalisera cinq expériences scientifiques avec une contribution belge durant sa mission.
À l’approche du départ de l’astronaute Sophie Adenot vers la Station spatiale internationale (ISS) ce jeudi (si tout se passe sans imprévu), le secteur spatial belge bouillonne. En effet, plusieurs expériences prévues pendant sa mission associent directement des équipes et des entreprises belges. Preuve, s’il en fallait encore, que l’exploration habitée, ce n’est pas seulement « envoyer un astronaute », c’est faire travailler un écosystème complet, ici en Belgique, dans nos universités, nos centres de recherche, nos opérateurs et nos entreprises.
Des expériences ISS avec une empreinte belge très concrète
La microgravité offre un laboratoire unique : à bord de l’ISS, les expériences se déroulent en quasi-apesanteur (microgravité). La gravité n’a pas disparu, mais son effet est fortement atténué, ce qui permet d’observer plus clairement certains phénomènes physiques et biologiques et de développer des innovations utiles, pour l’espace comme pour des applications sur Terre.
Sophie Adenot réalisera ces activités dans le cadre des programmes de recherche de l’Agence, auxquels la Belgique contribue et dont elle bénéficie via ses équipes scientifiques et industrielles.
Pour cette mission, des acteurs belges apparaissent dans plusieurs activités, notamment :
… Cinq expériences, et une activité menée dans un cadre commercial, qui associe également des acteurs belges (dont Space Applications Services). Elle démontre la montée en puissance de services en orbite, en complément des programmes de recherche, et montre que l’écosystème belge est déjà positionné sur ces nouveaux marchés.
Lors de sa future mission, Raphaël Liégeois réalisera non seulement des expériences dans le cadre des programmes de recherche de l’ESA, mais aussi des expériences 100 % belges, conçues et pilotées par des équipes scientifiques et industrielles de notre pays.
« Le fait que pas moins de cinq expériences belges soient menées à bord de l'ISS témoigne de la solide expérience et de la crédibilité de nos instituts de recherche dans le spatial. Au cours des prochaines années, la Belgique continuera à investir dans ce domaine, notamment dans le cadre de sa contribution à l'ESA. De telles expériences permettent d’acquérir des connaissances fondamentales et de réaliser des avancées concrètes dans de nombreux domaines, comme les soins de santé et la recherche médicale. »
Vanessa Matz, ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'Etat, du Numérique et de la Politique scientifique
« Raphaël Liégeois sera le prochain astronaute européen après Sophie Adenot, mais le message est clair : nous n’attendons pas « notre » vol pour nous impliquer. Les missions de l'ISS sont déjà un levier direct pour nos équipes scientifiques, nos entreprises et notre visibilité internationale. Elles préparent également les prochaines étapes, en orbite terrestre et au-delà, et renforcent notre crédibilité européenne à un moment où les enjeux de souveraineté, de résilience et de compétitivité industrielle prennent une importance croissante. »
Arnaud Vajda, président du comité de direction de BELSPO
Aperçu des expériences avec participation belge
Exposome Signature – Comprendre comment le corps “s’adapte” à l’environnement spatial
Cette expérience s’intéresse à l’exposome : l’ensemble des facteurs environnementaux (microgravité, rayonnements, rythme de sommeil, stress, confinement, etc.) qui influencent notre organisme. L’objectif est d’identifier des “signatures biologiques” de cette adaptation, via des marqueurs liés notamment au métabolisme, à l’inflammation, au système immunitaire et au stress.
Contact : Carlo Saverio Iorio (ULB) – carlo.iorio@ulb.be
BrainDTI – Comment le cerveau se reconfigure après un séjour en apesanteur
BrainDTI vise à mieux comprendre comment le cerveau et les systèmes liés à l’équilibre se réorganisent lors d’un séjour prolongé en microgravité. L’approche repose notamment sur des analyses d’imagerie médicale (IRM / diffusion – DTI) pour objectiver les changements avant/après mission, et mieux comprendre l’adaptation sensorimotrice.
Contact : Prof. Dr. Floris Wuyts (UAntwerpen) – floris.wuyts@uantwerpen.be
Chrystallo – La physique des gels et “matières molles”, sans la gravité qui brouille tout
Cette expérience étudie le processus de cristallisation des protéines, une étape cruciale dans la production de nombreux médicaments et dans divers processus biologiques. En microgravité, les effets de la sédimentation et de la convection, qui influencent ce processus délicat, sont éliminés. Ces connaissances sont précieuses pour la recherche fondamentale, car la cristallisation des protéines demeure un phénomène encore mal compris, et également pour les applications pratiques, compte tenu des utilisations potentielles de la microgravité dans l'industrie pharmaceutique.
Contacts : James Lutsko (ULB) – jim.lutsko@ulb.be
Condensation on fins (HTH2) – Condensation/évaporation : mieux modéliser pour mieux refroidir
HTH2 est une installation sur l’ISS dédiée à l’étude de la condensation et de l’évaporation en microgravité, deux phénomènes importants pour la gestion thermique. En isolant les mécanismes fondamentaux (sans convection “classique” comme sur Terre), l’expérience aide à améliorer les modèles de transfert de chaleur et à développer des solutions plus performantes pour le refroidissement et l’efficacité énergétique, notamment dans des systèmes spatiaux, mais aussi sur Terre.
Contacts : Carlo Saverio Iorio (ULB) – carlo.iorio@ulb.be
Marangoni in Films – Quand la surface d’un liquide devient instable
Cette campagne s’intéresse aux instabilités qui apparaissent sur la surface des liquides en évaporation, sous l’effet des gradients de tension de surface (effets “Marangoni”). L’objectif est de mieux comprendre ces phénomènes, car ils influencent des procédés de transfert de chaleur et certains systèmes fluidiques.
Contacts : Pierre Colinet (ULB) – pierre.colinet@ulb.be
Laplace (activité commerciale) – Un service “microgravité” avec des acteurs belges
Laplace s’inscrit dans une logique de service commercial en orbite : faciliter l’accès à l’environnement de microgravité pour des clients (R&D, démonstration, validation technologique), avec intégration, opérations et exploitation des résultats. Différents acteurs belges sont identifiés sur cette activité.
Contact : Richard Aked (Space Applications Services) – richard.aked@spaceapplications.com.
Maxime Dechamps
Porte-parole
+32 474 75 31 83
maxime.dechamps@belspo.be
Un investissement structurant : science, emplois, compétitivité et autonomie stratégique
Ces activités s’inscrivent dans les programmes de l’Agence spatiale européenne (ESA), auxquels la Belgique contribue de manière structurante. Lors du Conseil ministériel ESA de 2025 (CM25, Brême), la Belgique a confirmé des souscriptions importantes couvrant l’exploration (ISS et au-delà), l’observation de la Terre, l’accès à l’espace, la sécurité spatiale, les télécommunications et les technologies nécessaires aux missions spatiales de demain.
La contribution belge au bloc « Exploration » (European Exploration Envelope Programme – E3P, période 3) s’élève à 109,9 millions d’euros, dont 47,9 millions d’euros dédiés au segment LEO (Low Earth Orbit), étroitement lié aux activités sur l’ISS et à l’utilisation de l’environnement de microgravité. Cette contribution se décline également sur la Lune (27 M€), Mars (3 M€), la science en environnement spatial (29 M€) et la préparation technologique (ExPeRT, 3 M€).

Au total, la contribution belge présentée au CM25 atteint 1 109 millions d’euros, incluant une contribution Défense, témoignant d’un choix stratégique : renforcer les capacités européennes, consolider notre autonomie et soutenir un secteur industriel en forte croissance.
Avec plus de 2500 collaborateurs, le SPP Politique scientifique, ou BELSPO (pour « Belgian Science Policy Office »), n’est pas une institution comme les autres. Il est l'acteur central de la politique scientifique en Belgique. Avec 4 directions et 10 établissements scientifiques fédéraux reconnus, notre mission est de stimuler la recherche scientifique et l'innovation dans tous les domaines, pour bâtir un avenir meilleur pour la Belgique.
Les domaines de BELSPO sont variés, allant de la recherche et des applications spatiales, au financement de programmes de recherche scientifique, en passant par la mise en réseau des chercheurs nationaux et internationaux, l’étude du climat, ou le financement des musées royaux. BELSPO gère aussi la station Princesse Elisabeth en Antarctique et est propriétaire du navire océanographique RV Belgica II.
Au sein de BELSPO, sciences et culture sont imbriquées pour développer une société plus éclairée, durable et harmonieuse. Nous offrons au gouvernement fédéral des données fiables et validées lui permettant de prendre des décisions éclairées dans des domaines tels que la lutte contre les changements climatiques, la biodiversité, la recherche polaire, la digitalisation, la science du patrimoine et tous les enjeux sociétaux.
Avec une administration centrale située au WTC III à Bruxelles, BELSPO gère un budget annuel de plus de 664 millions d’euros.
Adresse : WTC III - Bd Simon Bolivar 30 bte 7, 1000 Bruxelles
Website: www.belspo.be
