
Qui êtes-vous et que faites-vous exactement ?Je m’appelle Natacha Callens. Je suis physicienne, et je travaille au département d’éducation de l’Agence spatiale européenne (ESA). Je suis basée à l’ESEC, le Centre européen de sécurité et d’éducation spatiales, situé à Redu en Wallonie.
Au sein de l’unité ESA Academy, je contribue à attirer les étudiants du niveau supérieur vers le domaine spatial et à les préparer à une future carrière dans ce secteur en complément de la formation qu’ils reçoivent dans leurs établissements d’enseignement.
Depuis 2 ans, m’occupe du programme « Engagement » qui propose des modèles de collaboration tant au sein de l’ESA qu’avec le monde académique, l’industrie spatiale et diverses institutions. Ensemble, ces partenariats contribuent à préparer les talents de demain en renforçant leurs connaissances, leurs compétences et leurs aptitudes, grâce à des opportunités conjointes offertes aux étudiants des pays membres et associés à l’ESA.
La plupart de mes journées se déroulent derrière mon ordinateur ou en salle de réunion, afin de coordonner avec mon équipe les différentes collaborations en cours et explorer de potentielles nouvelles opportunités. Ce que je préfère néanmoins, c’est d’aller à la rencontre de nos partenaires ainsi que des futurs talents, pour échanger directement avec eux lors d’évènements.
D’une part, la dimension internationale et multiculturelle de l’environnement professionnel sont très enrichissantes.
D’autre part, la diversité de nos activités éducationnelle et la chance de mener des projets depuis l’idée initiale jusqu’à leur mise en opération, puis de constater les bénéfices qu’ils apportent aux étudiants, sont particulièrement gratifiantes.
Les différentes tâches administratives et les longs processus qui existent au sein de ce type d’institutions, mais cela fait partie de la plupart des métiers.
Un jour, à la bibliothèque de mon école à Bruxelles, je suis tombée sur le magazine Space Connection, publié à l’époque (et encore maintenant sous le nom Science Connection) par BELSPO. En le parcourant, j’ai été immédiatement captivée. C’est ce qui m’a donné l’envie de me lancer dans des études scientifiques, avec l’objectif de travailler un jour dans le domaine spatial.
Lors de mon bachelier, j’ai eu l’opportunité de réaliser un stage au centre de formation des astronautes de l’ESA en Allemagne. Cette expérience a été déterminante : je me suis promis qu’un jour, moi aussi, je travaillerais pour l’Agence.
Pendant mon master, j’ai effectué un second stage dans un laboratoire de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) à Erasme, où j’ai pu analyser des données scientifiques recueillies auprès d’astronautes. Cela m’a ensuite encouragée à entreprendre une thèse intégrant de la recherche en microgravité. Grâce au programme PRODEX de développement d’expériences scientifiques, j’ai eu l’occasion de participer à des vols paraboliques, de contribuer à une expérience en fusée-sonde et de collaborer avec d’autres laboratoires européens, des entreprises du secteur spatial et des représentants de l’ESA. Ces expériences uniques ont été extrêmement enrichissantes pour mon développement en tant que jeune professionnelle.
Un jour je suis tombée sur une offre de travail à l’ESA visant à développer un programme éducatif offrant un accès aux vols paraboliques. J’ai immédiatement postulé, animée par l’envie d’offrir à d’autres l’expérience qui avait contribué à forger mon parcours.
Depuis, j’ai évolué dans ma carrière mais je suis toujours restée dans le domaine de l’éducation, qui demeure au cœur de mon engagement.
J’ai commencé mes études par un Bachelier en Sciences de la Matière à l’Université Paris-Sud. J’ai ensuite poursuivi avec un Magistère en Physique Fondamentale, dont j’ai réalisé la première année dans la même université et la seconde en Erasmus à l’Université de Lisbonne. J’ai poursuivi par une année de spécialisation en Mécanique des Fluides à l’Université Pierre et Marie Curie, à nouveau à Paris.
J’ai finalisé mon parcours académique par un double doctorat en Sciences Appliquées, réalisé conjointement entre l’Université Pierre et Marie Curie et l’Université Libre de Bruxelles.
Mon métier requiert un ensemble de compétences variées. Il est essentiel d’avoir le sens du leadership, de savoir gérer des projets et de travailler efficacement en équipe. L’organisation, la proactivité et une solide capacité de résolution de problèmes sont indispensables au quotidien. Enfin, de bonnes compétences relationnelles, un réseau professionnel développé ainsi qu’un sens aigu de la diplomatie constituent également des atouts majeurs pour mener à bien nos collaborations.
Il faut créer ses propres opportunités.
Oser franchir le pas et postuler pour un emploi dans le secteur spatial !
La Belgique est un petit pays, mais elle a énormément à offrir dans le développement du secteur spatial en Europe.